C'est une évidence: tandis que les entreprises ont mondialisé leurs activités et les ont organisés à travers des chaînes de valeurs transnationales, le pouvoir de réglementation des gouvernements est resté limité au contexte national. La mondialisation a ainsi ouvert une brèche réglementaire et légale.
Cette situation entraîne un déplacement de la responsabilité des gouvernements vers les entreprises, ces dernières étant de plus en plus tenues de rendre des comptes sur les effets de leurs activités. En effet, si elles ne répondaient autrefois que de leurs propres activités au sens strict, les entreprises sont désormais responsables (ou co-responsables) de l’ensemble du processus lié à la production des biens et services qu’elles mettent sur le marché, tout au long de la chaîne de valeur.
A l'occasion du 100e anniversaire d’HEC Lausanne, la faculté des Hautes Etudes Commerciales de l’Université de Lausanne, une équipe de chercheurs dirigée par les professeurs Guido Palazzo et Maia Wentland a développé un nouveau concept permettant d’évaluer la performance des entreprises en termes de responsabilité sociale, basé sur un jeu de critères indépendants.
Les résultats de cette étude ont été présentés aujourd'hui à l'occasion du Forum des 100 par Ulysse Rosselet, un des co-auteurs, et discutés pendant la conférence. Quatre secteurs industriels ont été retenus par l'équipe de chercheurs: le café, le cacao, l'informatique et l'industrie pharmaceutique. Deux raisons principales ont présidé à ce choix. Tout d'abord, ces industries sont toutes concernées par des problèmes sociaux et environnementaux variés. En effet, des problèmes liés notamment à l’eau, aux émissions polluantes, à la biodiversité et au travail des enfants, entre autres, émaillent tout processus de production, tant celui permettant la construction des ordinateurs que celui présidant à la confection de nos vêtements ou à la plantation, la récolte et la transformation du cacao ou du café. Par ailleurs, au moins un acteur clé de chacun de ces secteurs a son siège en Suisse, voire aux abords du Lac Léman. Dans cette preière étude, destinée à être élargie à l'avenir, les critères retenus pour l'approche ont été appliqués à quatre ou cinq entreprises de chaque secteur, dont Novartis, Roche, Pfizer, HP, Dell, Apple, Nestlé, Kraft, Nespresso et Starbucks. Leur performance est classée dans une grille vert-orange-rouge.
Le rapport complet de l'étude "Evaluation de la performance sociale et environmentale des entreprises", qui détaille la méthodologie, l'analyse et les résultats (PDF, 32 pages, 6.5 MB) peut être téléchargé ici.
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